Supplications

Une autre voix solitaire
La mort peut être si belle

Lundi 5 décembre et jeudi 15 décembre 2005, à 19h00, à l'USTL-Culture. Spectacles gratuits, réservation conseillée au 03 20 43 69 09.

Par Valérie Dablemont - Une adaptation du livre La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse de Svetlana Alexievitch

Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale ?
Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant, celui des survivants, à qui elle cède la parole.
Des témoignages qui nous font découvrir un univers terrifiant. L’événement prend alors une tout autre dimension.
Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

Dix années sont passées…
Il nous semble tout connaître de Tchernobyl…
Que peut-on y ajouter ? De quoi parle ce livre ? Ce livre ne parle pas de Tchernobyl, mais du monde de Tchernobyl. Justement de ce que nous connaissons peu…
De ce dont nous ne connaissons presque rien : les sensations, les sentiments des individus qui ont touché à l’inconnu…
Au mystère.

Comment répondre à la question que pose cette affirmation : de quel droit puis-je m’emparer de cet événement et comment le traduire sur un plateau de théâtre, quelle forme théâtrale choisir pour rester fidèle à ces paroles vécues mais aussi trouver le chemin qui les transcende ?

Il m’apparaît vital pour l’art en général, et ce plus encore pour le théâtre, de reprendre leur fonction « politique » au sens le plus littéral qui soit : prêter l’oreille à ceux de la cité qui n’ont plus de voix pour « dire » !!!

Ce spectacle servira de caisse de résonance aux témoignages et proposera une interprétation formelle et artistique de ce qu’est une « catastrophe nucléaire civile ».

J’ai déjà donné la parole à une voix du livre, celle de Valentina Timofeïevna Panassevitch (épouse d’un liquidateur), seule. C’était un travail de proximité avec le public. Un travail essentiellement basé sur la notion de « présence » du comédien au théâtre ; « le passeur de voix ».

Écrivaine et journaliste biélorusse, dissidente soutenue par le Pen-Club et la fondation Soros, Svetlana Alexievitch a déjà reçu, en Allemagne, le prix du Livre politique et le prix des Librairies pour La Supplication.
Svetlana Alexievitch a commencé sa carrière de journaliste et d’écrivaine en Biélorussie dans les années 80. La Supplication a été couronné du prix du Triomphe. L’auteur elle-même a été irradiée et souffre d’un cancer à la suite de la longue collecte d’interviews destinées à son livre.

Une autre voix solitaire

Lundi 5 décembre à 19h à l’USTL-Culture,
avec Valérie Dablemont
50 mn

C’est Valentina Timoféïevna Panassevitch qui, assise sur une petite chaise blanche,
vient nous faire partager son amour pour son homme, Micha.
Elle nous raconte leur rencontre.
Comment ils se sont fréquentés pendant deux ans.
Comment il l’appelait « sa petite ».
Comment il est parti le 19 octobre 1986, le jour de son anniversaire à Tchernobyl...
Rien d’extraordinaire, il partait au boulot !
Comment il est revenu avec une substance non identifiée en lui : la radiation...
Comment elle l’a aimé durant cette année d’incompréhension, de solitude...
Et comment elle l’aime...
Un hymne à l’amour...


La mort peut être si belle

Jeudi 15 décembre à 19h à l’USTL-Culture,
avec Solo Gomez
50 mn

C’est Larissa Z. qui, assise sur une petite chaise blanche,
vient nous faire partager son amour pour sa fille, Katia.
Elle nous raconte leur rencontre.
Comment au deuxième jour de sa vie, elle l’a porté jusqu’au bloc opératoire,
Comment elle a ouvert les yeux,
Comment elle a souri,
Comment on accouche après Tchernobyl,
Comment à quatre ans, sa fille chante, danse et récite des poèmes par cœur.
Comment l’amour d’une mère affronte la bêtise, l’indifférence, l’égoïsme et la peur.
Comment la vie déborde la mort et la gagne.
Un cri du ventre… à entendre, chère humanité...


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